Ituri : à Tchomia, un Salongo communautaire renforce la confiance entre la population et les forces de défense et de sécurité

Tchomia, Ituri – 18 juillet 2026. Dans le cadre du projet Nashiriki Kwa Masikilizano II, financé par l’Union européenne et mis en œuvre par le consortium composé du Norwegian Refugee Council (NRC), Search for Common Ground, International Alert et Justice Plus, une activité de rapprochement civilo-militaire sous forme de Salongo communautaire a réuni, samedi 18 juillet, les communautés locales, les autorités et les forces de défense et de sécurité dans la cité de Tchomia, en chefferie des Bahema Banywagi.

Organisée dans l’enceinte du bureau de l’Hygiène, au bord du lac Albert, cette initiative visait à renforcer la confiance entre les populations civiles et les forces de défense et de sécurité à travers une action communautaire d’intérêt public axée sur l’assainissement du milieu.

Près de 80 participants, dont 28 femmes, 27 éléments de la Police nationale congolaise (PNC), 23 militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), ainsi que des représentants des autorités administratives, coutumières, des services techniques, de la société civile, des organisations de jeunes et de femmes, ont travaillé côte à côte dans un esprit de solidarité et de responsabilité partagée.

Munis de bêches, machettes, houes, râteaux, pelles et brouettes, les participants ont procédé au débroussaillage, au ramassage des déchets, au sarclage, au nettoyage complet du site ainsi qu’à l’évacuation des immondices. Cette mobilisation collective a permis de redonner au bureau de l’Hygiène un environnement propre, salubre et facilement accessible.

Au-delà des travaux communautaires, les participants ont bénéficié de séances de sensibilisation animées par les consultants du projet issus des FARDC et de la PNC. Les échanges ont porté sur la cohésion sociale, le vivre-ensemble, le renforcement de la confiance entre les communautés et les forces de défense et de sécurité, la protection de l’environnement, la prévention de la maladie à virus Ebola ainsi que la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG).

L’un des moments les plus marquants de cette activité a été la participation spontanée de plusieurs habitants, notamment des femmes commerçantes de poisson, qui ont rejoint les travaux après avoir constaté la collaboration harmonieuse entre les militaires, les policiers, les autorités locales et les citoyens. Cette dynamique a illustré un changement progressif de perception et un renforcement du dialogue entre les différents acteurs.

À l’issue de l’activité, des outils aratoires ont été officiellement remis à la chefferie afin de soutenir la poursuite des actions communautaires d’assainissement. Les autorités locales et les représentants de la communauté se sont engagés à organiser régulièrement d’autres séances de Salongo communautaire pour maintenir cette dynamique de rapprochement et de cohésion sociale.

Les témoignages recueillis auprès des participants ont confirmé l’impact positif de cette initiative. Mme Eveline, vendeuse de poisson à Tchomia, a expliqué avoir d’abord craint une opération sécuritaire avant d’être agréablement surprise de voir militaires, policiers et civils travailler ensemble. « Aujourd’hui, je les vois autrement : comme des partenaires qui veulent aussi le bien-être de notre communauté », a-t-elle déclaré.

De son côté, Eric Kahigwa, agent percepteur au Programme national de l’Hygiène à la frontière de Tchomia, a salué une initiative qui répond à un besoin réel d’assainissement tout en consolidant la confiance entre les institutions publiques et la population. Il a annoncé la volonté de son service d’installer des poubelles publiques et de poursuivre des campagnes régulières de salubrité afin de préserver durablement les acquis de cette mobilisation.

À travers cette activité, le projet Nashiriki Kwa Masikilizano II démontre que le Salongo communautaire constitue un véritable outil de consolidation de la paix. En associant les communautés, les autorités locales et les forces de défense et de sécurité autour d’un objectif commun, cette approche favorise le dialogue, renforce la confiance mutuelle et contribue durablement à la cohésion sociale dans la province de l’Ituri.

Benjamin ITCom